Résister, décoloniser, enraciner : le travail des Archives Bouanani + projection Le Mirage – Festival Aflam, Marseille

Résister, décoloniser, enraciner : le travail des Archives Bouanani + projection Le Mirage – Festival Aflam, Marseille
13 octobre 2026 Redazione

Résister, décoloniser, enraciner : le travail des Archives Bouanani
Rencontre avec Touda Bouanani et Marie Pierre-Bouthier
Suivi d’une signature du livre de Marie Pierre-Bouthier Résister, décoloniser, enraciner. Cinéastes en quête d’un “nouveau regard” documentaire dans le Maroc indépendant (1956-2019)

L’appartement familial de Rabat, ravagé par un incendie en 2006, abritait des décennies de création : les films, les manuscrits, les costumes, les photographies d’Ahmed Bouanani, poète-cinéaste majeur du Maroc, de son épouse Naïma Saoudi et de leur fille Batoul. Face à la disparition, Touda Bouanani, artiste visuelle, a choisi la résistance. Depuis 2011, elle préside à la sauvegarde et à la valorisation de cet héritage, constitué en association en 2021. À ses côtés, Marie Pierre-Bouthier, historienne du cinéma et membre fondatrice du collectif, publie en 2026 Résister, décoloniser, enraciner. Son ouvrage analyse, à travers l’œuvre de Bouanani, les stratégies de contournement de la censure et la quête d’un regard documentaire décolonisé dans le Maroc post-indépendant. Leur dialogue incarne le passage d’une archive privée et menacée à un projet commun de réappropriation collective, où les gestes de la chercheuse et ceux de l’artiste se répondent pour décloisonner la mémoire.

La discussion sera suivie de la projection de la version de Le Mirage (1979) d’Ahmad Bouanani, premier film restauré par le Centre du Cinéma Marocain.

Touda Bouanani est une artiste plasticienne et vidéaste pluridisciplinaire, gardienne à Casablanca des Archives Bouanani. Diplômée des Beaux-Arts de Bordeaux en 1993, elle inscrit son travail dans une recherche permanente de dialogue entre texte poétique et image. En 2021, elle fond l’association Archives Bouanani pour valoriser ce fonds, et lance avec Léa Morin et Maya Ouabadi le collectif Intilak, dédié à la réécriture féministe et décoloniale de l’histoire du cinéma.

Marie Pierre-Bouthier est maîtresse de conférences en histoire et esthétique du cinéma documentaire à l’Université de Picardie Jules Verne. Elle consacre ses recherches aux gestes documentaires de résistance au Maghreb et aux questions de décolonisation du regard. Membre fondatrice des Archives Bouanani, elle travaille à la valorisation des cinémas marginaux et aux stratégies de contournement de la censure dans le Maroc après l’indépendance.